Culture

Tropa de Elite (troupe d'élite)

Sortant quelques semaines après La Cité des hommes, Troupe d'élite nous replonge dans l'enfer urbain des favelas brésilienne.
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Le regain d’énergie du cinéma brésilien

Le regain d’énergie du cinéma brésilien L’arrivée de films ancrés dans la réalité du pays stimule une industrie en crise. Central do Brasil (Walter Salles), la Cité de Dieu (Fernando...
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Le regain d’énergie du cinéma brésilien

L’arrivée de films ancrés dans la réalité du pays stimule une industrie en crise.

Central do Brasil (Walter Salles), la Cité de Dieu (Fernando Meirelles), Tropa de Elite (José Padilha) : en dix ans, ces films récompensés et distribués un peu partout ont remis le Brésil sur la carte du cinéma mondial. Des films emblématiques de la retomada, la «reprise» d’un cinéma qui s’était quasiment interrompu suite la crise économique et au retrait des financements publics dans les années 80.

Filon. A l’origine de cette renaissance, une loi de 1993 qui permet aux entreprises de déduire de leurs impôts les fonds investis dans la production cinématographique. «Depuis, le nombre de films est en constante augmentation et plus d’une centaine de cinéastes ont été révélés», observe le critique Pedro Butcher, responsable du site Filme B. Parmi eux, Jorge Furtado, Karim Aïnouz, Beto Brant, tandis que les vétérans Carlos Diegues ou Julio Bressane se remettaient à tourner et que des écoles de cinéma ouvraient leurs portes.

Les succès du box-office sont par exemple Deux fils de Francisco, de Breno Silveira (plus de 5 millions d’entrées), biographie de deux stars de la chanson ayant vaincu la pauvreté, ou les comédies de Daniel Filho, l’un des rares cinéastes à tourner régulièrement.

Mais la surprise est venue des films qui ont fait débat en montrant, dans une démarche empruntée au documentaire, la violence des favelas. La Cité de Dieu, bien sûr, a inauguré cette voie, en 2002 : «Au départ, aucun financier ne voulait associer son image à un film qui évoque cette question, poursuit Pedro Butcher. Nul n’imaginait que celui-ci ferait un tel tabac.» Depuis, Carandiru, le film d’Hector Babenco dans l’enfer d’une prison de São Paulo, et Tropa de Elite, ont à leur tour exploité le filon avec le même succès.

Cette année, le public a plébiscité Meu Nome não é Johnny (Je ne m’appelle pas Johnny, de Mauro Lima, 2,2 millions d’entrées), qui relate l’histoire vraie d’un Carioca aisé devenu narcotrafiquant. Mais si les Brésiliens se sont réconciliés avec leur cinéma, ils lui préfèrent encore les films hollywoodiens, la part de marché des films nationaux plafonnant à hauteur de 12 % du marché. Quelque 80 films sont pourtant lancés chaque année mais la plupart d’entre eux ne sont pas vus ou presque.

Défis. Pedro Butcher souligne que le gouvernement a rectifié le tir en lançant des fonds d’investissement dans le cinéma, destinés à rendre les films brésiliens plus compétitifs, et en soutenant désormais, non plus seulement la production, mais aussi la distribution au Brésil de films nationaux. Il s’agit notamment de faire face aux majors, qui dominent le marché.

Mais d’autres défis restent à relever. Seules 8 % des villes brésiliennes disposent de salles de cinéma. La fréquentation pâtit également de l’insécurité, de la concurrence du sacro-saint feuilleton télévisé - la fameuse novela, une industrie très puissante au Brésil -, et enfin de la piraterie. Tropa de Elite en a fait les frais l’an dernier avec un taux de piratage record avant même sa sortie.

CHANTAL RAYES, Libération

 

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